Le contexte: nous ne vous en avions pas trop parlé avant pour ne pas vous affoler plus que nécessaire mais nous appréhendions beaucoup cette partie du périple ; la piste est réputée pour être longue, difficile et cassante; elle avait déjà causé bien des tourments à la famille Marais en 2003 et tous ceux que nous avons croisé nous confirmaient qu’elle était faisable mais dure… maintenant on confirme aussi!

De plus elle se révèle être impraticable pour nos véhicules pendant la saison des pluies, il nous fallait donc passer avant la fin mars ! Pour couronner le tout elle se situe dans une région dite dangereuse au niveau sécurité, en fait c’est une région extrêmement touchée par la sécheresse et la famine depuis plusieurs années et complètement oubliée du gouvernement kenyan (pour beaucoup dans cette région le Kenya commence à partir d’Isiolo). Il y a donc régulièrement des affrontements entre différentes tribus pour des problèmes de pâturages et d’eau et il y a aussi des actes de banditisme qui consistent à braquer les véhicules sur la piste pour voler argent et autres, en particulier la nuit. A la frontière les policiers proposent bien une escorte mais payante, ce qui nous semblait inacceptable, nous avons donc fait le choix de nous escorter mutuellement avec les sixenroute ! Notre règle de base étant de ne surtout pas rouler de nuit et bivouaquer près des postes de police ou des églises. Le problème est que les villages sont très espacés, il faut donc bien s’organiser et éviter de tomber en panne à la tombée de la nuit !

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Les faits: le premier jour n’était pas le plus difficile au niveau de la piste faite de nombreux trous et bosses et de quelques pierres mais une de celles-ci a suffit à percer notre carter d’huile ! ça commençait bien ! il s’agit d’une pièce maîtresse et on a bien regretté de ne pas avoir mis de protège carter ! Heureusement Miguel a réussi à réparer en 2 heures et demie et nous avons pu rejoindre le prochain village (Walda) juste avant la tombée de la nuit ! Ce fut une entrée en matière un peu inquiétante !

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Le deuxième jour la piste est devenue de plus en plus difficile car pleine de pierres et de grosses ornières, on ne peut pas suivre les traces existantes sous peine de se poser, il faut sans cesse passer d’un côté ou de l’autre, cela demande beaucoup de concentration pour le chauffeur. Mais à un moment on a fini par s’enliser dans les cailloux et comme au bout d’une heure on n’arrivait toujours pas à s’en sortir c’est Casita, le camping-car de nos amis suisses qui a du nous tirer de là ! Mais du coup c’était la fin de journée et nous avons du rouler 1 heure de nuit pour rejoindre le village de Burisa, on était très inquiets en roulant mais il fallait faire un choix crucial : dormir sur place au milieu de rien était peut être encore plus dangereux… Le stress était à son comble…

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Le troisième jour, nous sommes arrivés à Marsabit, « ville » étape à mi-distance entre Moyalé et Isiolo, où l’on a pu faire quelques courses de produits frais et où Miguel a pu faire ressouder son carter et faire poser un protège-carter (mieux vaut tard que jamais !!), histoire d’être un peu plus serein pour la suite même si en fait le plus dur était derrière nous !

En effet, les deux derniers jours, la piste est peu à peu devenue moins cassante, moins pierreuse, laissant place aux bancs de sable ou à la tôle ondulée, ce n’était pas le paradis non plus mais ça s’améliorait ! Il n’empêche que notre protège- carter a été bien utile, pour preuve les différents impacts de pierres que l’on a pu relever dessus, il faut dire que ça a frotté sérieusement plus d’une fois !

Pour « consolation » les paysages tout au long de ce parcours étaient aussi beaux que variés, nous apercevions régulièrement des écureuils, des singes, des gazelles, impalas et dik-dik (petites gazelles à peine plus grosses qu’un lièvre et qui courent et sautent aussi vite !) et même un zèbre. Les habitants de cette région sont habillés de tissus très colorés, les femmes de la tribu des Samburus sont parfois seins nus et portent de nombreux colliers de perles de toutes les couleurs, les hommes sont très élancés, portent un pagne de couleur vive et une coiffe originale sur la tête… malheureusement pas de photos à disposition car soit ils ne veulent pas soit ils veulent de l’argent en échange… Lors de nos bivouacs près des postes de police, les policiers se sont montrés toujours sympathiques et accueillants, les enfants toujours aussi curieux et parfois un peu voleurs…

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Nous avons mis 5 jours pour faire les 500km, en roulant en moyenne 9 heures par jour et avec une température descendant rarement sous les 35°! Alors évidemment on était bien contents de retrouver l’asphalte en arrivant à Isiolo… Toute la pression et la tension accumulées en quelques jours sont retombées et nous étions fiers d’avoir traversé cette épreuve tous les 9 car malgré les difficultés nous sommes tous restés confiants et calmes et les enfants ont été adorables. Nous garderons aussi en mémoire nos repas du soir (riz ou pâtes) tous ensemble entre les deux camping-cars … avec souvent des invités surprises style cafards, araignées ou mantes religieuses !

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Notre plus belle récompense pour ces jours difficiles fut la réserve nationale de Samburu qui se trouve juste avant la fin de la piste, vers ArcherPost. Pause bien méritée donc et safari à bord de nos propres véhicules, que du bonheur ! enfin presque car ce sont encore des pistes forcément et qu’en voulant voir de plus près des éléphants nous en avons emprunté une qui finalement n’était pas faisable et nous nous sommes alors retrouvés en très fâcheuse posture comme vous pouvez le voir :

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Une fois de plus impossible de s’en sortir seuls et Casita à du à nouveau nous tracter, non pas sans frayeur car le camping-car penchait sérieusement et menaçait de se renverser… mais tout est bien qui finit bien pour le « Sans souci », que l’on traduit ici par « hakuna matata » en swahili !! A noter aussi une crevaison au beau milieu du parc, donc pour la deuxième fois obligés de sortir du véhicule pour réparer, ce qui est normalement interdit à cause des animaux bien sûr ! Une fois la roue changée, on s’est aperçu qu’un troupeau de buffles était à 10 mètres de nous !

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Pour le reste de la journée, que de joie et d’émerveillement devant cette magnifique nature et ces animaux sauvages : au rendez vous zèbres, gazelles, girafes, éléphants, singes, autruches, buffles etc.… On en a pris plein les yeux, nous étions presque seuls, ce qui augmentait la magie des lieux…

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Les animaux étaient tout proches, nous avons même du doucement reculer quand on s’est retrouvé au milieu d’éléphants qui mangeaient les feuilles des arbres avec leurs petits à quelques mètres des véhicules!

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Les girafes réticulées sont majestueuses et font partie de nos préférées !

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Ce premier parc africain était à la hauteur de nos espérances et nous en garderons un très bon souvenir. On se croyait un peu comme dans un film … ou dans un rêve qui devient réalité…. Des tableaux réels parfois dignes des descriptions de l’Arche de Noé. On ne se rend pas compte du temps qui passe lorsque l’on se met à observer ces animaux et l’on est souvent amusés de prendre conscience qu’ils nous observent tout autant ! Un échange magique une fois de plus !

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